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2013 - Atelier thématique - Circuits courts et cohésion sociale

La cohésion sociale est difficile à évaluer mais elle fait appel à un sentiment d’appartenance, une volonté de mieux vivre ensemble et de partager des valeurs communes. Et à travers la démarche de circuits courts,  agriculteurs comme consomm’acteurs cherchent et retrouvent ces caractéristiques.  Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées le 27 juin dernier à Vigy pour en témoigner et en débattre : l’ADEPPA, association d’éducation populaire locale a accueilli le réseau rural lorrain dans ces locaux.

Proposer un autre système d’approvisionnement alimentaire…

La cohésion passe notamment par le partage de valeurs communes et de nombreux participants l’ont exprimé ce soir là : à travers l’engagement en faveur des circuits courts, c’est aussi des alternatives à la grande distribution et à la « malbouffe » qu’ils souhaitent construire. Chacun à sa manière : le Groupement d’Achat Solidaire des Pays Lorrains créé à l’initiative d’un groupe de citoyens militants a développé des outils de gestion très utiles pour permettre à des consommateurs de prendre commande auprès de producteurs locaux, au « prix juste pour le consommateur, digne pour le producteur », en appliquant le principe de solidarité croisée (chacun fait un geste). L’Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP) d’Anthouard Pré-L’Evêque à Verdun, présentée par la directrice du centre social du quartier, propose, quant à elle, des légumes à moindre coût aux familles les plus démunis.

Au-delà du lien marchand…

Le lien qui unit les personnes engagées dans les 4 projets présentés ce soir là n’est pas seulement marchand. A l’instar de la ferme de la Souleuvre qui a multiplié les modalités de vente en circuits courts au fil des années. Stéphane Nicolas, propriétaire exploitant, explique que malgré la pression que la démarche impose – sur la qualité des produits notamment et la disponibilité – le contact avec le consommateur, ou plutôt le citoyen, est bénéfique. L’échange n’est bien sûr pas seulement marchand : il améliore la compréhension mutuelle, l’agriculteur peut expliquer ces choix, les enjeux auxquels il est confronté ; le consomm’acteur se réapproprie l’origine de son alimentation. Les AMAP qui lient un producteur à des consommateurs par un contrat sont souvent le cadre d’échanges de savoirs : en échange de leur engagement pour une éducation à une autre alimentation, Stéphane Nicolas et sa compagne Cathy Boch reçoivent de l’aide ponctuelle des « amapiens » en informatique, en communication,…

Et au-delà de la seule question alimentaire

L’enjeu de telles démarches dans lesquelles s’engagent des agriculteurs et des citoyens sont bien la transformation de nos modes de vie, comme le rappelle Salvatore Larocca, chargé de projet à l’ADEPPA. En tant qu’acteurs de l’éducation populaire, cela leur paraissait indispensable d’intégrer l’éducation au développement durable dans leur projet associatif, comme moyen pour le citoyen de participer à la vie de la cité. C’est aussi la ligne de mire que se sont fixée les membres fondateurs d’Ecomissions, association née à Volstroff de la volonté d’habitants de sensibiliser leurs concitoyens à la protection de l'environnement et à l'amélioration du cadre de vie. L’association joue aujourd’hui un rôle d’aiguillon pour le village et lui donne une image positive, celle d’« un village qui bouge ». La cohésion de groupe et le sentiment d’un destin partagé est important pour les habitants engagés dans cette aventure. Un élément clé du succès de ce projet est par ailleurs souligné : l’association est soutenue par les élus locaux, ayant un rôle de « facilitateurs de projets », selon les mots du maire présent dans la salle.

publié le

2 août 2013

par :

Marion Mazodier